Rémunération de l'auteur

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Vendredi 10 octobre 2008
Bonjour à tous,

Me voilà arrivée à destination. Les vacances sont finies, le labeur musical va bientôt démarrer.

Quelques détails de mon voyage pour vous donner le ton de mon installation laborieuse.
Pour clôre la vie normale et en démarrer joyeusement une nouvelle, j'avais décidé de me prendre un temps sur la route. De la Castille à l'Andalousie, détour par le Portugal.
Je serais bien restée plus longtemps auprès de ces sourires paisibles et apaisants, de ces regards discrètement soucieux du repos d'autrui.
- Até mais.
- Déjà ? Non. Je veux rester sur votre oreiller de quiétude.
- Sozinha ?
- Toujours.
Une brise de velours de 4 jours.

J'arrive en Espagne. Enfin, je suis à 300 mètres de la frontière mais un auto-stoppeur m'attire. Pas voyageur celui-là, sans bagages et l'air speedé.
- Can you speak english ? ¿Habla español?
- Yes, sí.
Un peu énervé, en sueur "Comment peut-on prêter une voiture, de surcroît une mercedes, sans avoir vérifié les niveaux ?"
Il ne sait pas ce qu'il va dire à son pote pour la mercedes. Peut-être qu'on la lui a volée. Après tout, elle est assurée. Le moteur est HS c'est sûr.
- Mais elle où ta voiture ?
- Sur l'autoroute.
- On fait bien de tourner sur la nationale depuis 20 minutes alors !
La voiture se trouve sur la bande d'arrêt d'urgence. Il récupère ses affaires et la laissera là pour la nuit. Un bidon d'engrais, de la vitamine pour les plantes et un petit tas d'herbe, voilà tout.
MAIS POURQUOI MA CAMERA SE TROUVE-T-ELLE AU FOND DE MON COFFRE ?
Il ne sait pas comment me remercier. Sûre que je ne veux pas fumer un petit pétard ?
- Ben non.
Mais y'a pas de nicotine (je ne fume plus depuis 10 jours), c'est que des plantes...
- Ouais mais non.
Il vient de Cadix et est américano-espagnol. Sa copine l'attend maintenant à Faro. Il devait aller la chercher à Lisbonne mais après cet épisode, elle a dû se rapprocher en bus.
Il finit par comprendre que quelques heures perdues ne sont pas grand chose dans mon emploi du temps et nous voilà partis pour Faro. Il me raconte ses histoires de coeur, je lui raconte les miennes. On en arrive aux mêmes conclusions. Notre conversation culinaire voit une issue tout aussi consensuelle. Les potages sont bien meilleurs les lendemains.
Au portugal, tout le monde parle anglais mais personne ne sait indiquer le chemin de la gare routière.
- Hé petit ! Tu vois que c'était pas par là, c'était bien par ici ! Il faut qu'il arrête de se foutre de la gueule des touristes tu vois, c'est pour ça que je lui fais un peu la morale.
- Enfin, ça n'a pas l'air d'être par ici non plus.
Heureusement, un brésilien qui parle vraiment anglais ET français (la classe !), s'embarque avec nous et nous emmène jusqu'à la gare.
- Grazie mille !
Sa copine nous attend à une terrasse. La bière est délicieuse, il est 21h30 et il fait encore 27º. Je fais un effort pour ne pas fourrer mes doigts dans le paquet de cigarettes et je plisse les yeux pour faire confiance à mes souvenirs. La première clope est toujours mortelle, une longue rechute assurée.
- Déjà ? Encore une ou deux bières et on va dîner un bout non ?
- Non vraiment. Je veux arriver ce soir.
Surtout on se voit à son retour, on se fait une soirée. Il habite à 20km de ma destination, où l'on se donne rendez-vous à partir d'une heure du matin pour se quitter, comme avec les collègues, 8 heures plus tard.
Quel drôle d'endroit j'ai choisi pour une retraite ascétique !

Il est 3h. Ouf, me voilà arrivée. OUF !!? Mais qu'est-ce qu'il me prend bordel de passer par le sable mou pour me rendre sur la plage ? Ma voiture s'arrête net. Ca patine et commence à sentir le caoutchou brûlé, je m'enfonce de plus en plus. Quelques secours de gentils badauds n'y font rien. La police passe par là et me donne le numéro d'un remorqueur mais me conseille d'attendre plutôt qu'un 4x4 se présente pour lui demander assistance. C'est le week-end et il y a du mouvement toute la nuit.
A 4h, je suis tirée d'affaire, lessivée. Mes charmants sauveteurs me proposent une cigarette. Avec plaisir.

Il est 5h, je n'ai rien filmé. Dans quelques heures, il fera 30º dans la voiture et pour les nuits suivantes, il me faudra trouver un moyen de me défaire de la désagréable compagnie des moustiques.
Face à l'océan, les voitures entremêlent leurs musiques dans un mixage genre mixture. Quant aux voitures silencieuses, elles conserveront jusqu'au jour les vapeurs des secrets juvénils.

Je m'étais cru bien installée. Mais ici, il fait encore une trentaine de degrés la journée et une vingtaine la nuit. Il y a beaucoup de promeneurs et des touristes. C'est pas pour maintenant les douches sauvages. J'ai dû m'en concocter une dans la voiture. Mes journées me semblaient absurdes mais je savais que c'était la fatigue et l'absence de concrétisation de mon projet.
J'ai pris mes premiers cours de guitare ; tout s'est éclairci et ma détermination solidifiée.

Je pense bien à vous. J'espère que vos vies se déroulent dans la tranquilité et le bonheur. Donnez-moi de vos nouvelles.

A bientôt
- Publié dans : le bonheur d'être pauvre
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Mardi 13 mars 2007
Comment un fonctionnement sociétal s’est-il si fortement imprégné dans les esprits au point de laisser entendre à l’entière majorité (ou presque) qu’il est une véritable loi naturelle ? Inaliénable, inaltérable, incontournable… unique. La question du choix n’est même plus à poser ; la démocratie et son pote le libéralisme seuls, ont désormais droit de cité.

Il est aujourd’hui si « naturel » de devenir soi-même un tacticien de la politique. Voter utile, désirer les alliances et aussi l’évincement (de la pluralité par exemple pour focaliser les égarés potentiels vers un candidat de compromis). Surtout, ne plus être exigent.

Bercée certainement par ce qui est devenu une utopie, l’exigence d’intelligence des « Lumières » pour un progrès intellectuel constant et aussi par la culture de la recherche permanente de la solution sociétale, je dois me rendre à l’évidence. Nous sommes bien en période de régression… et depuis un moment. Et non ! le progrès n’est pas une loi naturelle… lui non plus.

Tel un gourou fou car convaincu, ce fonctionnement devient tentaculaire, tissant nos systèmes veineux, nerveux, musculaire, neurologique pour devenir notre seul souffle d’existence mentale, imprégnant ses sujets dans leurs propres fonctionnements et faisant de ses sujets eux-mêmes ses propres divulgateurs, crieurs publics.

Notre système politique et sociétal, nouvel évangéliste !

C’est donc cette soumission sans conscience qui euphorise les uns et attriste voire effraie les autres.

… à suivre. Je complèterai de temps en temps ce texte
- Publié dans : engagement/ désengagement
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