Rémunération de l'auteur

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Mardi 13 mars 2007
Comment un fonctionnement sociétal s’est-il si fortement imprégné dans les esprits au point de laisser entendre à l’entière majorité (ou presque) qu’il est une véritable loi naturelle ? Inaliénable, inaltérable, incontournable… unique. La question du choix n’est même plus à poser ; la démocratie et son pote le libéralisme seuls, ont désormais droit de cité.

Il est aujourd’hui si « naturel » de devenir soi-même un tacticien de la politique. Voter utile, désirer les alliances et aussi l’évincement (de la pluralité par exemple pour focaliser les égarés potentiels vers un candidat de compromis). Surtout, ne plus être exigent.

Bercée certainement par ce qui est devenu une utopie, l’exigence d’intelligence des « Lumières » pour un progrès intellectuel constant et aussi par la culture de la recherche permanente de la solution sociétale, je dois me rendre à l’évidence. Nous sommes bien en période de régression… et depuis un moment. Et non ! le progrès n’est pas une loi naturelle… lui non plus.

Tel un gourou fou car convaincu, ce fonctionnement devient tentaculaire, tissant nos systèmes veineux, nerveux, musculaire, neurologique pour devenir notre seul souffle d’existence mentale, imprégnant ses sujets dans leurs propres fonctionnements et faisant de ses sujets eux-mêmes ses propres divulgateurs, crieurs publics.

Notre système politique et sociétal, nouvel évangéliste !

C’est donc cette soumission sans conscience qui euphorise les uns et attriste voire effraie les autres.

… à suivre. Je complèterai de temps en temps ce texte
- Publié dans : engagement/ désengagement
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Commentaires

Mais être libertaire n'exclut pas d'être républicain : "libertaire" ne désigne pas une idéologie ou un modèle politique mais un état d'esprit civique, une manière d'exercer sa citoyenneté au sein d'une société démocratique, entre autres. Par exemple : http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/03/11/pour-une-gauche-libertaire.html.
Commentaire n° 1 posté par Vincent Carel le 16/03/2007 à 03h46

je suis d'accord !


Dieu n'existe que si il ya des croyants


la République n'existe que si il ya des citoyens...


Est ce Dieu qui a fait les hommes? Ou sont ce les Hommes qui ont créés Dieu?


Est-ce la Républiqee qui fait les hommes? ou sont-ce les Hommes qui font la République?


Chacun, par sécurité, s'invente la définition qui le rassure le mieux,...


Je cherche et je continue de chercher, je me pose aussi des questions , mais je n'ai de cesse de me dire :...N'inversons pas les rôles...


Et si on interdisait les Visas ?

Commentaire n° 2 posté par kamel le 20/03/2007 à 02h36

Etablir une analogie entre la République et la religion est absurde, me semble-t-il. La République est une construction politique, elle est donc nécessairement fondée par et pour les hommes ; elle n'est, en cela, ni bien ni mal, mais telle que la veulent les citoyens qui sont libres et égaux, libres d'agir (ou pas) pour le bien ou le mal du plus grand nombre, libres de s’émanciper au préalable des idées préconçues dont la seule fin consiste à maintenir en l’état l’ordre des choses. Certes c'est une petite chose désagréable d'être citoyen au sens véritable du mot car cela implique que l'on est responsable en quelque sorte de l’ordre susdit des choses, soi-même en tant qu'individu à quelque classe sociale, obédience philosophique ou pensée politique qu'on appartienne, partant, que l'on a le devoir de penser et d'agir afin, précisément, que le cours des choses soient tel qu'on le souhaite. C'est une petite chose désagréable, à plus forte raison en notre époque démagogique où l'on préfère jouer à la Victime de la société, à la petite victime innocente de la méchante société.

 



Pour agir sur le monde encore faut-il s'en donner les moyens, autant que je sache la CGT, qui est constitué de salariés actifs qui sont autant de citoyens actifs, a apporté énormément au peuple ouvrier de France alors que la CNT qui est constituée de rebelles anarchistes qui se torchent le cul avec leurs cartes d'électeurs comme avec leurs cartes nationales d'identité, si on s'amusait à quantifier son apport au mouvement ouvrier, je crains qu'on ne se rende compte alors qu'il est proche du zéro absolu. Il n'y a rien de rassurant à être un citoyen de la République française ainsi qu'un militant cégétiste, bien au contraire. Qui est-ce qui s'investit le plus du représentant de la CNT qui dit NON, NON, encore et toujours NON ou de l'élu cégétiste qui tente de construire des rapports de forces et négocie au mieux des intérêts de ses mandants tout en sachant que de toute façon, quand il aura signé un accord avec le patron, ces derniers lui reprocheront quasi systématiquement de ne pas les avoir suffisamment bien défendus ? Qui agit pour le mieux et subit l'ire de ses collègues et qui pavane, se fait plaisir et n'améliore en rien la condition des travailleurs au nom d’un tout ou rien qui n’aboutit à rien justement ? 

 



Quant à la suppression des visas je ne vois pas en quoi cela apporterait quoi que ce soit, à part affaiblir encore plus la république c'est-à-dire taper encore et toujours sur les plus faibles qui subissent les ouvertures de frontières ? Je sais bien que c'est très méchant de dire ça mais l'existence d'un Etat républicain fort est encore la meilleure garantie dont peuvent s'armer les pauvres et les déclassés ou les exclus et les discriminés pour reprendre la terminologie à la mode ? La vie dans les banlieues françaises est sans doute infiniment frustrantes et insupportables pour ceux qui la subissent mais elle est encore moins dures que dans les favelas brésiliennes, dans ces dernières que dans les bidonvilles de Port-au-Prince. Certes l'Etat constitue une entité ambiguë, souvent au service des plus forts mais pas systématiquement : si c'était le cas le sort des plus faibles serait le pire dans les pays dotés d'un Etat puissant or c'est exactement le contraire qui se produit. Tout simplement parce que l'Etat n'est pas une institution bourgeoise mais une entité sui generis qui est à elle-même sa propre fin, ce qui explique pourquoi là où l'Etat est le plus puissant la bourgeoisie est la mieux assurée et le prolétariat le mieux protégé : l'Etat n'étant finalement à personne se trouve dans l'obligation de se légitimer en permanence, d'où la nécessité de soutenir la puissance sociale et économique des dominants tout en constituant un cadre qui permet aux dominés de se construire une existence somme toute agréable et riche, ce qui implique pour l'Etat, d'une, de contrer les tendances révolutionnaires des dominés et, de deux, de contenir les tendances prédatrices et absolutistes des dominants. Mais pour que cela soit possible encore faut-il que les dominants soient confinés dans les frontières politiques de l'Etat en question et que les dominés soient conscients politiquement de leur appartenance à cet Etat ainsi qu’à leur classe sociale. Où l'on voit mise en oeuvre la nécessité implacable de l'idée républicaine, laquelle repose sur la notion de la souveraineté du corps des citoyens qui, réunis pour former le peuple, fonde la légitimité de l'Etat, ce qui restreint inévitablement la liberté d'un individu (celle d'opprimer et de dominer plus faible que soi ou d'être opprimé et dominé par plus fort que soi) qui reconnaît alors le primauté de la loi commune sur la volonté individuelle mais qui dans le même temps acquiert le droit (qui constitue en fait un devoir éthique pour quiconque se veut libre) de participer à la rédaction de ladite loi, à la rédaction ou à la contestation. En renonçant à sa liberté première et en l’aliénant dans la citoyenneté républicaine il rend l’Etat comptable de ses faits et gestes, il exige de lui qu’il le traite dignement et assure la défense de ses intérêts qui sont de classe plus qu’individuels dans une société complexe ; autrement dit le mythe fondateur de la République française place l’Etat devant la nécessité d’obtenir la reconnaissance de sa légitimité aux yeux de chacun des membres de la nation et pas uniquement aux yeux des plus puissants sur le plan social, ce qui constitue une arme à la disposition des classes sociales inférieures et des individus qui les composent, à condition qu’ils s’en saisissent.

 



D’ailleurs, à quoi assiste-t-on à l’heure actuelle, maintenant que les puissants s’émancipent du cadre de leur Etat pour vendre leur allégeance au plus offrant, c’est-à-dire au plus injuste et, donc, à celui dont la légitimité sociale est la plus fragile (ce qui revient à dire que les fortunes qui font jouer la concurrence fiscale en défaveur de la France au nom de leur prétendue liberté mettent en danger la survie de l’Etat républicain, lequel se voit contraint de rogner sur la fiscalité des dominants pour la répartir sur les dominés dont ils rognent par ailleurs les protections, ce qui l’affaiblit comme ça affaiblit tous les Etats et donc met en danger l’équilibre du système politico-socio-économique qui assure la puissance de dominants qui agissent donc de manière irrationnelle contre leurs intérêts, par sottise et courte vue, ce qu’un certain nombre d’économistes capitalistes ont très bien compris, comme Patrick Artus par exemple ou Joseph Stieglitz) ? Logiquement on assiste à une crise de l’identité civique, chacun se repliant sur son petit univers individuel, familial et communautaire, contribuant ainsi sottement à libérer l’Etat de la nécessité de se préoccuper du bien-être et du bonheur des gens, cette nécessité impliquant qu’il soit parfois un peu brutal avec les dominants, c’est-à-dire contraignant à l’égard de leur vénalité et rapacité. Dans une société anté-républicaine ou post-républicaine l’Etat ne ressent pas, ou plus, le besoin d’ordre ontologique autant que politique d’être investi par la souveraineté du peuple, puisque son existence ne se légitime plus par l’onction de la volonté d’un peuple qui réunit des citoyens égaux mais par le simple fait qu’il existe sans cause ni finalité autre que de persévérer dans son être, comme au bon vieux temps de l’Ancien Régime. Or un Etat qui n’a plus besoin de la caution populaire a tout intérêt à se faire l’ami exclusif des puissants qui peuvent lui apporter leurs réseaux d’influence et d’allégeance à la manière des Etats coloniaux qui s’appuient (ou tentent de s’appuyer) sur les religieux et les chefs tribaux (ce qui explique qu’en Algérie, qui était une province française et non une colonie au sens juridique, l’Etat français n’ait jamais attenté à la religion musulmane, à tel point que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat n’a jamais eu de pendant islamique). Dès lors il devient logiquement autoritaire et coercitif et s’acoquine avec les gardiens du temple qui sont aussi des marchands d’illusion et des matons eschatologiques : voir l’estime profonde d’un Sarkozy (qui n’est certes pas un fasciste mais peut encore moins être qualifié de républicain) envers la foi et la religion.

 



En effet la foi et la religion constituent de formidables instruments de domination et de répression des masses. D’abord, la religion, ça repose sur un au-delà et un tout-puissant créateur de toutes choses, ce qui annule toute volonté humaine ; d’autant plus qu’on peut aisément établir des analogies (qui, pour le coup, ne sont pas contrefaites) entre la Cité céleste où Dieu veille à l’ordre divin et donc immuable des choses et la Cité terrestre où son représentant veille au maintien de l’ordre divin qui bénéficie toujours aux mêmes, c’est-à-dire les puissants et les dominants. Ensuite ça invente des paradis pour après la mort : on ne peut pas vendre éternellement le renoncement, la frustration et la soumission sans quelque contrepartie ; et comme ça ne suffit pas on inverse carrément les choses, la contrepartie devient le but et le renoncement le moyen : ce que je nomme la coercition eschatologique, le plus efficace agent de l’injustice et de l’inégalité parmi les hommes. Enfin, pour éviter toute atteinte aux dogmes, ça bâtit toute une culture de la haine de soi, du corps, de l’intelligence critique et de l’intelligence tout court qui constitue les murs d’une prison dont les curés et les imams sont les intraitables gardiens. Je constate que la République, toute contestable qu’elle soit par de nombreux aspects, a toujours lutté contre la religion partout où elle tendait à émanciper les hommes (dans la Métropole), nulle part et à aucun moment là où elle imposait un régime de domination (dans l’Empire).

 



On m’objectera que si la République a combattu la religion chrétienne en France (métropolitaine à l’époque coloniale) il ne s’agissait pour elle que de substituer une foi à une autre. Telle objection relève soit de la mauvaise foi, soit de l’aveuglement, soit d’une idéologie. En effet là où la religion enseignait l’abrutissement la République a instruit (même si ça répondait aussi, bien sûr, à une nécessité administrative pour l’Etat et économique pour l’industrie) ; là où la religion enjoignait à courber l’échine la République a construit un cadre permettant la libre expression des sensibilités et des pensées humaines, partant la lutte politique et sociale (même s’il a fallu 20 ans pour que la liberté syndicale soit légalisée). La République est avant tout un cadre mental qui impose la solidarité de l’Etat et du citoyen, de l’Etat envers le citoyen et du citoyen envers l’Etat, qui place le citoyen devant le devoir éthique de sa propre liberté d’action et de pensée, le fait maître de son existence et l’arrache à la contemplation passive du cours immuable des choses tel que défini par les puissants et les dominants.

 



Il n’y a donc rien de commun entre la République qui se construit dans les sociétés nationales et la religion qui est le propre des sociétés impériales et non nationales. Et c’est normal : pour que l’Etat républicain puisse fonctionner il doit être légitimé par un peuple qui s’inscrit nécessairement et de manière exclusive dans un territoire. Pour qu’il apporte assurance aux uns et protection aux autres il est nécessaire de circonscrire son champ d’action : imaginons qu’une province ressortisse de plusieurs Etats en même temps et la République est abolie puisque les puissants ont alors tout loisir de faire jouer la concurrence entre les différents Etats pendant que les faibles sont abandonnés à la prédation de ces puissants (c’est ce qu’on voit à l’ouvre dans notre Europe contemporaine sans frontières qui place les Etats en concurrence et abolit de fait la souveraineté). L’intégrité territoriale et la République sont liées irréductiblement, irréfragablement, inexorablement : ce qui signifie que la frontière et la nécessité pour les individus de s’astreindre à certaines restrictions de leur liberté de circulation sont nécessaires à l’établissement puis à la perpétuation de l’Etat républicain, seul garant des libertés individuelles, de la justice sociale et du progrès humain. Autrement dit l’existence du visa participe non d’une oppression mais d’une consolidation des libertés individuelles (reste ensuite, pratiquement, à élaborer une politique de visas, qui peut être restrictive ou généreuse selon le temps et le lieu).

 



D’ailleurs les faits me donnent raison : face à la désaffiliation  étatique des puissants qui mine le fonctionnement de l’Etat les faibles et les dominés réagissent eux aussi par des formes de désaffiliation étatique, avec des conséquences catastrophiques pour eux. Quand on foule aux pieds l’Etat national républicain (notons que pour les libéraux le qualificatif de « national-républicain » est le plus infâmant qui soit : dix fois pire que celui de fasciste, cent fois pire que celui de gauchiste, mille fois pire que celui d’anarchiste), vidant la République de sa substance et renvoyant l’Etat à sa propre inanité ne reste plus que la Nation comme référent protecteur, la Nation ou quelque identité fermée. Or l’identitarisme, qu’il se veuille national ou ethnique, ne se nourrit que par le renforcement des différences, par la valorisation exclusive de celles-ci et leur exaltation irrationnelle. On ne construit rien sur une identité collective qui n’ait pas politique, rien si ce n’est de l’aliénation et de la domination. Voilà pourquoi il faut combattre pour le renouveau de la conscience civique et l’écrasement du sentiment religieux, voilà pourquoi il faut être républicain et libertaire à la fois : pour faire que la République française ne soit pas qu’un discours creux, un voile jeté sur la réalité sociale, pour astreindre la République française à sa propre vérité !

 


Commentaire n° 3 posté par Vincent Carel le 27/03/2007 à 07h03
Bonjour vincent, tu devrais écrire en caractère 72 parce que là on a vraiment du mal à te lire lol
Commentaire n° 4 posté par tilapiagd le 16/04/2007 à 17h11
Vincent..je ne dirai qu'une seule chose...Amen(ta fraise)!!
Commentaire n° 5 posté par Music Business le 17/04/2007 à 09h47

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